J’ai eu la chance de participer au comité de pilotage de la passionnante étude du Centre national du livre – rencontres, lectures, actualités sur les jeune adultes et la lecture. Une initiative inédite, qui concerne un lectorat finalement très peu étudié… le moment de tordre le cou à quelques idées reçues, ou de confirmer certaines intuitions 😉

Voici les principales conclusions à retenir :

  • Les jeunes adultes sont largement lecteurs, notamment par goût personnel dans le cadre de leurs loisirs, même si une majorité d’entre eux lit également dans le cadre scolaire, universitaire ou professionnel.
  • De fortes disparités existent entre jeunes adultes hommes et femmes, mais aussi selon le contexte familial. Les femmes lisent plus volontiers par goût personnel que les hommes : 3 livres de plus par an et 1h40 de plus par semaine. Les 15-25 ans dont les parents lisent régulièrement, pour eux-mêmes ou leurs enfants, sont nettement plus lecteurs que les autres.
  • Les multiples activités physiques ou digitales des 15-25 ans laissent une petite place quotidienne à la lecture. En moyenne, par semaine, les 15-25 ans pratiquent 9 activités et passent près de 15h sur Internet, prioritairement sur smartphone.
  • Si la lecture papier à domicile reste privilégiée, les 15-25 ans plébiscitent aussi d’autres façons de lire. 35% des jeunes adultes lisent des livres numériques, 13% écoutent des livres audio (majoritairement en faisant autre chose) et ils sont nombreux à lire dans les transports (41% des lecteurs loisirs).
  • Majoritairement lecteurs de romans, les 15-25 ans se montrent particulièrement éclectiques dans leurs choix. En matière de romans, le fantastique, la science-fiction et les romans policiers / thrillers ont leurs faveurs, mais ils sont également nombreux à lire des livres illustrés, notamment des mangas ou des BD. Leurs amis sont les principaux prescripteurs de lectures.
J’ai répondu aux questions de Telerama sur le sujet :

« Parmi la jeune génération d’auteurs, beaucoup, comme moi, ont grandi avec Harry Potter, le manga, la bande dessinée ou les séries, des domaines fictionnels très divers. On a souvent tendance à opposer le lecteur de classiques avec celui qui lirait de la prétendue mauvaise littérature. Mais ce n’est pas antinomique, et cela démontre la plupart du temps un manque de connaissance de ce qui constitue en réalité les genres de l’imaginaire ! Il y a de magnifiques chefs-d’œuvre, par exemple, dans la littérature jeunesse ou « young adult ». Comme A la croisée des mondes, de Philip Pullman. En France, on a un rapport assez complexe à l’imaginaire, ça doit être notre côté historiquement cartésien. En tout cas, ce que je ressens en tant qu’auteure, et l’étude du CNL vient le confirmer, c’est que les jeunes aujourd’hui n’ont pas d’a priori. Ils naviguent…

Les jeunes lecteurs sont très curieux et c’est très bien que le bouche-à-oreille reste [à 44 %, ndlr] le plus grand moyen de prescription. Ils se donnent des conseils dans la cour de récréation, entre amis ou en famille. C’est vraiment une transmission personnelle et intime.

C’est d’ailleurs très intéressant de voir qu’à la question « quel est votre auteur préféré ? » il y a plus de cinq cents noms différents cités en réponse, cela montre une grande diversité. Les jeunes lecteurs sont très curieux et c’est très bien que le bouche-à-oreille reste [à 44 %, ndlr] le plus grand moyen de prescription. Ils se donnent des conseils dans la cour de récréation, entre amis ou en famille. C’est vraiment une transmission personnelle et intime. »

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