Et voilà, c’est la dernière ligne droite pour le roman Les Stagiaires à paraître le 21 mars chez Milady en grand format. Hier, j’ai relu les épreuves corrigées, annoté encore quelques petits détails.

Tadaaa !

Très bientôt, ce sera la signature du BAT, puis l’envoi du manuscrit au service Fabrication qui se chargera de la mise en page. Après, envoi à l’impression… Et la suite, vous la connaissez ! Ce sera d’abord une grosse palette qui arrive dans les locaux de Bragelonne/Milady, puis le roman se retrouvera commercialisé.

Merci Boulet !

Dans mon précédent article, j’ai reçu des demandes pour en savoir encore plus sur les corrections. Je vais donc prendre un cas concret : le déroulement sur le roman Les Stagiaires. Comme je l’ai dit ici, ce processus est néanmoins assez variable selon les éditeurs, leurs équipes, leur mode de fonctionnement. Aussi, chaque roman est abordé différemment, en fonction de la relation auteur/éditeur, du passif de travail, des tempéraments, du nombre d’interlocuteurs, bref. Nonc nous prendrons ce cas à titre d’exemple. Une généralité néanmoins : à mon sens, les corrections impliquent dialogue, sincérité et diplomatie. Il y a toujours deux forces en tension, la perception de l’auteur sur son projet et la perception de l’éditeur. En tant qu’auteur, c’est un travail d’équilibre et de nuances. Il faut à la fois être ouvert à la critique, la remise en cause, mais ne pas perdre pour autant l’essence de son projet, le cap fixé. Il n’y a que l’auteur qui sait où il va, quelle est la destination finale, quelles sont les escales obligatoires. L’éditeur est là pour l’accompagner, l’aider à naviguer, à s’améliorer et se dépasser, à l’auteur de garder sa boussole contre lui.

L’idée d’écrire un roman sur les stagiaires me trottait dans la tête, ce que vous savez déjà si vous avez lu cet article. J’ai donc écrit le premier jet du roman il y a presque un an tout pile, entre janvier et mars. Je ne devais pas me lancer dans ce projet à la base, ayant déjà le thriller À pile ou face à terminer et corriger, mais la fièvre créatrice fut plus forte. Ayant eu en plus le feu vert de mon éditeur Stéphane Marsan, c’était parti ! Ce qu’il y a de particulier avec Les Stagiaires, c’est qu’à l’époque, j’écrivais énormément dans les locaux de Bragelonne. J’ai donc envoyé mes premiers chapitres à plusieurs employés de la maison d’édition, notamment Charlotte Oehler, jeune éditrice avec laquelle j’avais déjà échangé sur Ce qui nous lie. Stéphane et Charlotte m’ont donc fait un premier retour en juin sur les Stagiaires, dans les grands axes, et notamment sur le fait que je pouvais encore ajouter des détails, creuser davantage le sujet. Charlotte ayant le même âge que moi, et se sentant proche de ce roman qui parle de notre génération, elle a demandé à être l’éditrice de ce projet. Stéphane nous apportait donc un regard plus extérieur, distancié, qui s’imprègne d’une nouvelle réalité, tandis que Charlotte et moi l’avons expérimenté. Un tandem qui a permis un mélange de retours et d’impressions très intéressant. J’en profite pour leur dire encore une fois : merci pour votre exigence toujours ponctuée d’enthousiasme !

J’ai longuement réfléchi sur leurs retours, et repris le roman en ajoutant d’abord 6 chapitres et d’autres détails par ci par là, notamment pour approfondir la réflexion sur le monde du travail, le rapport manager-managé, l’entreprise fonctionnant comme un lovemark (merci Aurélie) en générant chez les employés un fort affect. Cette nouvelle version envoyée et validée, nouvelle réunion avec Stéphane et Charlotte en septembre. Contents de ces changements, ils pensaient que je pouvais aller encore plus loin dans l’approfondissment des personnages, dans l’exploration de leurs fêlures. J’ai donc repris de nouveau tout le roman, ajouté encore 6 chapitres pour permettre l’insertion de scènes qui développent leurs nuances, leurs paradoxes, leur cercle familial. Autant le dire : je me suis régalée.

Le roman aura donc gagné un nombre assez conséquent de signes. Cette version validée, nous avons démarré le travail de corrections plus précis. Charlotte a relu le roman, m’a envoyé une version annotée avec des commentaires. Il s’agissait de repérer les fautes, de souligner des passages pouvant être amélioré encore, etc. En parallèle, j’ai fait lire le roman à un certain nombre de bêtas lecteurs, mais il était temps de l’envoyer à Matthieu, avec lequel j’avais énormément parlé du projet un an auparavant. Avec lui, autant dire que l’on peut s’attendre à la remise en question, la sincérité et la mise à l’épreuve. Il a fait un retour soulignant les qualités, mais aussi certains points sociologiques très intéressants, notamment sur le féminisme, les minorités visibles, etc. Cela a permis d’engager une nouvelle réflexion avec Charlotte sur certains personnages, et j’ai décidé d’ajouter encore des passages et d’atténuer d’autres aspects.

Ensuite, le roman est parti en correction externe, c’est-à-dire que cette fois-ci, c’est une correctrice externe à la maison d’édition qui va relire le roman pour pointer les dernières fautes, harmoniser certaines orthographes, etc. Au passage, je tiens à saluer l’excellent travail de Valérie Poge, ladite correctrice. Vraiment, j’ai encore appris beaucoup de choses en relisant le jeu d’épreuves, et cet œil neuf nous a réellement aidé à repérer les coquilles qu’on ne voit plus. À ce moment-là, le roman aura été relu également par une autre correctrice par dessus les remarques de la correctrice externe, pour voir encore ce qui aurait pu échapper… Tout cela est effectué sur papier. Charlotte envoie ensuite les épreuves en « intégration », c’est-à-dire que les corrections pointées sur le jeu d’épreuves seront répercutées sur le fichier InDesign du roman. À ce moment-là, il y a donc encore une relecture par Charlotte post intégration, puis c’est le BAT (le Bon À Tirer). Le moment où tout se fige.

Ça, ce sera très bientôt ! Je relis alors une dernière fois, et signe…

 

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