La saison des salons a repris ce mois-ci avec Paris Manga, pour La princesse au bol enchanté et Kotori, le chant du moineau. Sur 4 heures de dédicaces, une soixantaine de contes dédicacés, merci vraiment de venir si nombreux à chaque fois ! Mes stickers ramenés de Londres ont été déjà bien entamés. Prochain rendez-vous les 22 et 23 février pour la Foire du Livre de Bruxelles, puis un enchaînement de dates jusqu’au Salon du Livre de Paris.

 

Le mois de janvier fut très riche côté écriture. J’ai terminé les corrections de ma nouvelle pour l’anthologie des Imaginales 2014, et achevé l’écriture d’une autre nouvelle pour un projet très excitant et ambitieux encore tenu secret – révélation fin 2014.

Dans le registre du scénario, plusieurs choses sont également sur le feu depuis quelques temps. Miya et moi avons monté un dossier de manga – elle au dessin, moi au scénario – et nous espérons vraiment réaliser enfin ce rêve de collaboration ensemble. Réponse prochainement… Nous patientons. Également, je vais repartir sur un gros projet avec nobi nobi !, qui ne sera pas cette fois-ci un conte traditionnel, mais une histoire de ma propre invention. Tout ceci est sur le long terme, je ne peux donc pas en dévoiler plus pour le moment… Mais c’est sur les rails.

Un fanart d’Oraisons par Miya.

Au niveau des romans, je suis pour le moment bien dans les clous du planning de l’année 2014. J’ai achevé le premier jet de Trames, roman jeunesse contemporain pour les éditions Rageot, qui paraîtra en 2015. C’est sûrement ce que j’ai écrit de plus personnel jusqu’ici dans la jeunesse, en traitant de l’amitié fusionnelle de deux lycéennes autour de la création. Je suis très enthousiasmée (voire enflammée) par ce projet. Mon envie était la suivante : écrire un roman jeunesse tel que j’aurais voulu le lire à cette période de chrysalide qu’est l’adolescence, quand sa vocation artistique est un radeau pour de meilleurs horizons. Mon inspiration pour le traitement réaliste, c’est The Perks of Being a Wallflower, roman de Stephen Chbosky, dont a été tiré une adaptation au cinéma sous le titre Le monde de Charlie. J’ai été bouleversée par cette œuvre, par sa justesse concernant la retranscription de la période du lycée, à la fois sans concession et sans tabous. Elle pointe l’importance de se créer un « microcosme réconfortant en réponse à la dureté du monde ». Le premier jet de Trames va donc se reposer quelques mois avant une phase de réécritures, puis l’envoi à mon éditrice.

Le roman en cours, celui qui occupe mes journées et mes nuits, qui ne me quitte pas, c’est donc Métamorphoses, qui sortira en octobre 2014 chez Bragelonne. L’histoire de Métamorphoses se déroule dans le même univers qu’Oraisons, 35 ans avant les faits du diptyque. Il s’agit néanmoins d’un cycle totalement indépendant et compréhensible sans avoir lu l’autre roman. Évidemment, il y aura des liens saillants avec Oraisons, et vous retrouverez des personnages clef tels que Nwinver et le Maître Joscard… Le roman a même pour ambition de vous faire remettre en perspective certaines des assurances que vous aviez pour Oraisons, en épousant le point de vue de Sonax et en découvrant d’autres facettes encore d’Hélderion. Actuellement, j’ai écrit 500 000 signes sur plus d’un million, autant dire que j’ai encore un gros travail à fournir jusqu’au mois de mai, mais c’est un plaisir immense que de retrouver Sonax, Joscard, Nwinver, et oserais-je dire l’Astracan ? Je replonge dans une phase d’immersion très particulière, comme durant l’écriture d’Oraisons entre 2005 et 2008. Un basculement total dans les temples d’oraison, les rues animées de Lynneroy, le magnétisme des Objets Tabous… Je peux sentir la présence sereine de Sonax derrière mon épaule. Si vous voulez en savoir plus, un extrait est disponible

© Jade Sequeval

« Tu ne t’arrêtes jamais », est une phrase que j’entends très souvent ces derniers temps. À vrai dire, j’écris en permanence depuis 15 ans maintenant, c’est juste que désormais, j’ai encore plus de temps pour le faire. Une fois achevé Métamorphoses, ce sera je crois une énorme étape dans mon évolution. Je porte ce roman depuis 2008, et il est vraiment temps que j’en accouche. J’enchaînerai avec le second et dernier tome des Stagiaires, intitulé provisoirement Les Stagiaires, Deuxième Génération. Et ensuite, j’espère vraiment avoir de véritables vacances pour souffler, prendre du recul, réfléchir. Actuellement, je m’épanouis énormément dans l’écriture de tous ces romans qui grandissent dans mon esprit depuis longtemps. Mais voilà le truc, justement : ils ne sortent pas de nulle part, ils sont tapis dans mon ombre depuis des mois, des années, parfois même une décennie. Je suis heureuse de pouvoir tous leur faire voir le jour, chacun est un motif d’une grande carte intérieure que je suis en train de tracer.

Seulement, je vais vous parler de l’autre facette de ce métier. Sa réalité, ce sont des contraintes matérielles, le stress permanent de la précarité. Cette précarité, on l’accepte à partir du moment où on se lance, elle est relative à tout métier en freelance. La liberté a un coût. Il n’y a pas de salaire fixe pour les auteurs, non. Nous touchons une avance pour l’écriture d’un ouvrage. Parfois nous touchons cette avance dans son intégralité à la signature, parfois nous en touchons une partie à la signature, l’autre à parution. Ensuite, si ce « minimum garanti » est disons « remboursé » via les chiffres de ventes, nous touchons un pourcentage compris entre 6% et 10%. Et les ventes, ça, personne n’a de prise dessus. Il y a la mise en circulation – les romans qui sont distribués partout – et les ventes nettes – les romans qui ont été achetés. Je parle de précarité car c’est un métier dans lequel les certitudes financières sont rares. Quand par exemple, vous apprenez que votre roman paraîtra finalement 6 mois plus tard que prévu, ce qui est un simple changement de planning pour l’éditeur – qui a une très bonne raison marketing, commerciale ou autre de le faire – est parfois un gros chamboulement pour votre planning à vous (« Du coup, vu que j’avais anticipé de recevoir l’à-valoir à parution à ce moment-là, je paye le loyer comment ? »). Nous vivons dans un monde étrange d’anticipation permanente (« Je viens de terminer ce roman, il sortira dans un an »), sans avoir aucune idée de ce qui nous attend le mois suivant (« Vais-je signer ce contrat ? Et si oui, est-ce que la compta va passer le paiement le 30 ou le mois suivant ? »). Ce sont mes écrits qui me donnent un toit et de quoi vivre, depuis bientôt 2 ans maintenant. Cela me permet donc d’écrire plus, d’être plus professionnelle, plus ponctuelle, de pouvoir développer ma présence en salons et dans les établissements. Bref, c’est gagnant-gagnant pour l’auteur et l’éditeur.

Toi aussi, apprends à aimer l’administratif et les calculs.

Pour être honnête, je m’en sors plutôt bien, je m’organise avec rigueur, je ne me serai jamais lancée là-dedans sans certaines garanties. Avoir des rêves, c’est primordial à mon sens, mais pour les faire survivre dans le monde actuel, il faut prendre la mesure des réalités. Comprendre les règles du jeu. J’ai le privilège d’écrire ce que je veux écrire, d’être une femme indépendante matériellement, de collaborer avec des éditeurs différents, passionnants, qui m’apprennent de nouvelles choses à chaque fois, qui sont aussi à l’écoute de mes propres besoins. Mais je crois profondément que nous ne sommes jamais arrivés nul part. Je ne veux pas que l’écriture devienne un ronronnement rassurant, non. Je ne céderai pas non plus aux alarmes de l’alimentaire. Le jour où cela ne suffira plus, je n’accepterai pas d’écrire ce qui ne me fait pas envie, je préférerais trouver un autre boulot plutôt que de me lancer dans quelque chose auquel je ne crois qu’à moitié.

Fin 2014, je sais qu’il va me falloir un petit temps de latence pour me recharger. Remettre les choses en perspective. Penser à ce que j’écrirai après ce grand cycle créatif qui s’achève. Et je n’ai aucune idée d’où j’en serais exactement à ce moment-là. Une seule certitude demeure : je désire que le prochain roman soit ambitieux, une façon de se renouveller, de continuer à entretenir ce feu, mais pourquoi pas à le faire changer de couleur…

Voilà donc ce qui se prépare dans mon atelier. Des projets qui se croisent, s’entrelacent, qui s’achèvent tandis que d’autres naissent.

Je vous dis à très bientôt pour plus d’informations sur Les Stagiaires !

 

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